+41 (0)22 552 55 65 info@barraudconsulting.com

La sécheresse à Taïwan

 

Taïwan fait face à sa pire sécheresse depuis 56 ans. Les précipitations ont chuté de 20 à 60 % selon les endroits, en raison de l’absence de typhon en 2020.

Cela fait déjà une dizaine d’années que cet État, situé au sud-est de la Chine, connaît une baisse significative de ces phénomènes météorologiques en raison du changement climatique. Si cela apporte un répit aux populations moins touchées par les dévastations, les conséquences économiques commencent à se faire sentir.

Pendant les mois d’été, période de la mousson à Taïwan, les pluies sont d’ordinaire très abondantes. Les typhons, frappant cette île entre juillet et octobre ainsi que les fortes précipitations permettent de remplir les nappes phréatiques et les réservoirs d’eau. Taïwan est en temps normal, un des endroits les plus humides au monde, avec une moyenne de 2600 millimètres de précipitations par an.

En 2020, la saison estivale des typhons a été exceptionnellement clémente et dans les premiers mois de l’année 2021, les précipitations sont restées faibles.

Les réservoirs nichés au pied des montagnes taïwanaises affichent un niveau désespérément bas, quand ils ne sont pas tout simplement à sec.

fabrication de matériel informatique

 

Les conséquences de cette sécheresse

 

Le gouvernement a déjà imposé de fortes restrictions à plus d’un million de foyers et d’entreprises du centre de l’île. De nombreux agriculteurs n’ont plus le droit d’irriguer.

Une unité de dessalement à Hsinchu a été construite en urgence. La mesure la plus radicale concerne l’interdiction d’arroser les cultures, qui touche près de 75 000 hectares, soit un cinquième des terres irrigables. Des subventions ont été débloquées pour compenser les pertes des riziculteurs.

Mais cette sécheresse met surtout en péril l’industrie des puces électroniques. Primordiale pour l’économie du pays et pour répondre aux besoins mondiaux grandissants.

Taïwan produit les deux tiers des puces électroniques utilisées dans le monde.

La sécheresse à Taïwan

 

Pénurie des semi-conducteurs

 

Cette sécheresse à Taïwan entraine une pénurie sans précédente des semi-conducteurs.

Les semi-conducteurs sont des composants indispensables pour la fabrication de matériel informatique entre autres, notamment des objets connectés. Le semi-conducteur se définit comme un corps non métallique qui conduit imparfaitement l’électricité. En effet, ses propriétés électriques lui permettent à la fois d’être conducteur et isolant.

Cette propriété hybride constitue la base de toute l’informatique moderne et fait fonctionner tous nos appareils informatiques.

La fabrication de semi-conducteurs consomme énormément d’eau, notamment pour le nettoyage des puces. Les principales usines situées sur les trois technopôles engloutissent 156’000 tonnes d’eau par jour, soit l’équivalent de 60 piscines olympiques.

La mise au point de ces composants informatiques obéit à des processus complexes et environ 90 % des plus perfectionnées de ces puces seraient fabriquées sur l’île.

 

Pénurie de l’offre et augmentation de la demande mondiale en puces électroniques

 

Avec la crise du Covid-19, la demande en matériel informatique n’a fait qu’augmenter.

Confinement et développement du télétravail, ce sont plus de 300 millions de PC qui ont été vendus en 2020.

La pénurie des semi-conducteurs impacte un marché de plus de 440 milliards de dollars et fait l’objet d’une guerre technologique entre les grandes puissances industrielles à travers le monde.

Les retards de production de l’iPhone 12 ou encore celle de la Playstation 5, rappellent que le semi-conducteur, composant électronique plus petit qu’un grain de sable, est indispensable pour produire du matériel électronique. Sans ce « cerveau électronique », impossible de faire circuler des informations dans la machine.

Pénurie des semi-conducteurs

 

Les terres rares, l’avantage de la Chine

 

Les terres rares possèdent 17 métaux aux propriétés exceptionnelles et utilisées dans la fabrication de produits de haute technologie. Avec le boom du numérique et des nouvelles technologies vertes, aujourd’hui, à l’échelle de l’économie mondiale, les terres rares sont considérées comme des métaux stratégiques.

C’est la Chine qui assure l’essentiel de la production mondiale, ce qui donne à Pékin un quasi-monopole puisqu’elle produit à elle seule 85 % des terres rares consommées actuellement.

L’enjeu est donc à la fois géopolitique et environnemental. La Chine est aujourd’hui incontournable pour s’approvisionner en terres rares. Bien qu’il existe de nombreux gisements de terres rares dans le monde, ils ne sont pas exploités. Il faut compter 25 ans entre le début d’un projet de mine et le début de son exploitation.

 

 L’impact de cette pénurie dans le secteur de l’informatique

 

Une pénurie mondiale de puces informatiques fait craindre que le matériel électronique commence à coûter plus cher. 

Le problème ne se limite pas aux grandes entreprises. La hausse des prix pourrait bientôt toucher le porte-monnaie des particuliers dans leurs achats de produits du quotidien.

Pire, l’approvisionnement en matières premières est devenu irrégulier, avec des livraisons tardives et incomplètes. Les entreprises se retrouvent contraintes d’avertir leurs clients que les estimations de coûts et de délais pourraient être revues à la hausse.

Dans le secteur de l’informatique, les entreprises et les consommateurs constatent une hausse de 30 à 40% du prix du matériel.

La fermeture du fret aérien pendant les confinements a obligé les producteurs à faire le choix d’envoyer leurs marchandises par bateaux. Cela a engendré un coût supplémentaire et des délais étendus. Les distributeurs répercutent donc ces coûts supplémentaires sur leurs tarifs.

Imprimantes, ordinateurs portables… les prix flambent au rayon informatique.